une vie une oeuvre

« … il n’y a dans le monde que des choses gâchées au milieu d’une magnificence impossible à saisir…  »  (Les Rues dans l’aurore)

cahiersbleus

André Dhôtel est né le 1er septembre 1900 à Attigny dans les Ardennes. Il a sept ans quand la famille s’installe à Autun, en Bourgogne. Son père exerce le métier de commissaire-priseur. Fils unique, il développe un goût prononcé pour l’école buissonnière ou la flânerie désintéressée. En 1918,  il redécouvre les Ardennes défigurées par la guerre. Il lit Rimbaud dont une rumeur laisse penser à un lien de parenté avec les Dhôtel.
Au début des années 1920, après des études de philosophie, il rencontre au régiment Roger Vitrac et Georges Limbour. Avec eux, il participe à l’aventure éphémère de deux revues littéraires animées par Marcel Arland, Aventure et Dés.
En 1924, nommé professeur à Athènes, il séjourne quatre ans en Grèce dont il gardera le souvenir dans plusieurs de ses récits. De retour en France, il publie en 1928 un recueil de poèmes, Le Petit livre clair  ; en 1930, un roman, Campements, chez Gallimard  ; et enfin en 1933, un essai, L’Oeuvre logique de Rimbaud.
Il se marie en 1932 avec Suzanne avec qui il aura un fils, François.

portraitdhotel

Durant dix ans, André Dhôtel se voit refuser ses manuscrits, notamment chez Gallimard. De ses refus, restera le début d’une longue correspondance avec Jean Paulhan. Seules ses nouvelles sont publiées dans des périodiques.
En 1943, il prend poste à Coulommiers, en Île-de-France, où il fera le reste de sa carrière. Cette même année, deux de ses romans paraissent enfin chez Gallimard Le Village pathétique et Nulle part. Il rejoint Henri Thomas et Jacques Brenner au sein de la revue 84. Il se lie d’amitié avec Jean Follain.
En 1948, il reçoit le prix Sainte-Beuve pour David, puis en 1955 le prix Fémina qui récompense Le Pays où l’on n’arrive jamais.
Il publie dès lors un ou deux livres par an ainsi que des articles, nouvelles et chroniques.

cropped-dhotel3.jpg
En 1961, il quitte l’enseignement et partage ses occupations entre Paris, Provins et un baraquement SNCF à Mont-de-Jeux, dans les Ardennes.
En 1974, Grand prix de l’Académie française et, en 1975, Prix national des lettres, pour l’ensemble de son œuvre.
1984 est une grande année dhôtelienne  avec la sortie d’ Histoire d’un fonctionnaire, Nouvelle chronique fabuleuse, L’Ecole buissonnière (entretiens avec Jérôme Garcin) et L’Honorable Monsieur Dhôtel, une étude par un de ses anciens élèves devenu son ami, Patrick Reumaux.
Le 22 juillet 1991, un an jour pour jour après la disparition de Suzanne, André Dhôtel tire sa révérence. Il est l’auteur de 72 livres dont 42 romans.